Quant Ă  la science en elle-mĂȘme, ils disent que c'est ou bien la comprĂ©hension sĂ»re, ou bien une disposition dans la rĂ©ception des reprĂ©sentations qui ne se laisse pas renverser par un raisonnement. Sans la thĂ©orie dialectique, le sage ne sera pas infaillible dans le raisonnement. C'est par elle qu'il connaĂźtra parfaitement le vrai Lavraie science est une ignorance qui se sait. Michel de Montaigne ; Les pensĂ©es diverses (1580) Quand le faire et le dire vont ensemble, c'est une belle harmonie Michel de Montaigne ; Les essais (1580) Il n'est pas de passion qui Ă©branle tant la sincĂ©ritĂ© des jugements comme la colĂšre. Michel de Montaigne ; Les essais (1580) Il n'est rĂ©plique si piquante que le Lascience est une pratique de rĂ©vision, et Firestein a affirmĂ© que c’est une victoire de rĂ©viser. Il suggĂšre une rĂ©vision majeure de la façon dont nous communiquons la science. Il croit que communiquer notre quĂȘte de l’ignorance aux Ă©tudiants et au public est le meilleur moyen de stimuler l’imagination scientifique. Ă©tape dans le processus est Vay Tiền Nhanh. Forum Futura-Sciences les forums de la science MATIERE Chimie SĂ©paration glycĂ©rol  RĂ©pondre Ă  la discussion Affichage des rĂ©sultats 1 Ă  7 sur 7 23/12/2006, 10h58 1 SĂ©paration glycĂ©rol - Bonjour a tous, C'est mon premier message sur ce forum. Je suis passionnĂ© par la chimie et en fait chez moi. Je suis actuellement confrontĂ© a un problĂšme simple, J'ai fait l'hydrolyse basique d'une huile de cuisine commerciale dans le but d'obtenir du glycĂ©rol. J'ai donc pris un peu d'huile 10 mL et ajoutĂ© des pastilles de NaOH avec un peu d'eau et j'ai fait chauffer un bon momment j'ai obtenu 2 phases. supĂ©rieure apolaire et infĂ©rieure polaire. J'ai donc ajoutĂ© HCl jusqu' a obtenir un pH<7. J'ai sĂ©parĂ© et gardĂ© la phase supĂ©rieure contenant des grumeaux blancs et surement encore un peu d'huile Comment puis-je faire pour obtenir le glycĂ©rol "pur" Je dispose comme solvants -dichloromĂ©thane -cyclohexane -Ă©tOH -benzĂšne 30 mL -acĂ©tone -propan-2-ol -formol -Ă©ther acĂ©tique -alcool isoamylique -bientĂŽt de l'hexane Merci pour votre attention En vous souhaitant de joyeuses fĂȘtes de fin d'annĂ©e. Pierre - 23/12/2006, 17h11 2 felicha Re sĂ©paration glycĂ©rol les savonniers pratiquent ces rĂ©actions et sĂ©parent le sel sodique d'acide gras de la glycerine en ajoutant de l'eau et du chlorure de sodium. Ils obtiennent alors deux phase completement distinctes Une phase huileuse qui surnage et qui est le savon. Car les savons sont insolubles dans l'eau salĂ©e. Une phase aqueuse qui contient la glycerine et le sel. On sĂ©pare les deux couches par dĂ©cantation. Si tu es dans un labo, utilise un ballon de dĂ©cantation. L'eau est Ă©vaporĂ©e par chauffage et le sel prĂ©cipite. La glycerine est sĂ©parĂ©e des cristaux de sel par filtration et Ă©ventuellement distillee sous vide. Tu dois pouvoir trouver pas mal de renseignements en regardant la fabrication du savon. Une industrie qui existait deja dans l'antiquite. 23/12/2006, 20h29 3 Re sĂ©paration glycĂ©rol Je n'aime pas ĂȘtre dĂ©courageant. Mais je dois te dire que, hĂ©las, tu perds ton temps. Dans l'industrie on laisse l'huile et la solution de NaOH une nuit sous agitation Ă  froid, sans alcool. On doit obtenir une seule phase ! Sinon la rĂ©action n'a pas marchĂ©. On verse le tout dans de l'eau salĂ©e saturĂ©e le savon prĂ©cipite au fond. On filtre le savon. Il reste une solution d'eau salĂ©e contenant la glycĂ©rine. On Ă©vapore sous vide l'eau s'Ă©vapore la premiĂšre, et la gylcĂ©rine suit ensuite, et distille quand l'eau est toute Ă©vaporĂ©e. Il existe une mĂ©thode bien plus rapide et plus efficace pour saponifier l'huile en savon. Cela consiste Ă  faire une solution la plus concentrĂ©e possible de NaOH tu recouvre les grains de NaOH avec de l'eau, tu agites et tu attends que NaOH soit dissous. Tu rajoutes un volume double de NaOH, puis un peu d'alcool atuant que le volume de NaOH. Tu agites violemment. La rĂ©ction est immĂ©diate et il se forme une seule phase contenant le savon, l'alcool et la glycĂ©rine. le savon durcit trĂšs vite. mais tu ne peux pas rĂ©cupĂ©rer la glycĂ©rine ainsi. La distillation de la gylcĂ©rine est difficile. Car si on l'effectue Ă  pression ambiante, la glycĂ©rine se dĂ©compose en formant de l'acrolĂ©ine CH2CHCHO qui a une odeur Ă©pouvantable ! 28/12/2006, 15h25 4 Re sĂ©paration glycĂ©rol Merci de votre rĂ©ponse j'ai finalement extrait Ă  l'ether et ça a l'air de marcher A+ Pierre Aujourd'hui A voir en vidĂ©o sur Futura 19/07/2010, 10h57 5 Le Polak Re sĂ©paration glycĂ©rol Bonjour bonjour, Je remets le sujet au goĂ»t du jour, Je travail Ă  l'heure actuelle sur une solution riche en chlorure de sodium et en glycĂ©rine rĂ©sidus de la rĂ©action de saponification. Et je souhaiterais extraire la glycĂ©rine sans chauffer pas de dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques. Ma question Ă©tant Existe-t-il des moyens pour extraire la glycĂ©rine sans effectuer une distillation sous vide ? Sachant que la glycĂ©rine est miscible dans l'eau, je pensais utiliser un floculant, mais un floculant pour la glycĂ©rine, j'ai jamais vu ! pour faire une dĂ©cantation. Merci bien ! 19/07/2010, 15h22 6 RuBisCO Re sĂ©paration glycĂ©rol Le Polak, tu viens de reposter le message de ta discussion On dirait que ces deux discussions sont identiques, cela risque de surcharger le forum si on met des topics en double. Comme cette discussion semble plus avancĂ© que l'autre, je propose de tous mettre dans celle-ci. Je mettrais le lien de ce post dans l'autre discussion. "La vraie science est une ignorance qui se sait." Montaigne 19/07/2010, 15h32 7 RuBisCO Re sĂ©paration glycĂ©rol Je me permet de remettre le lien que j'avais mis sur le prĂ©cĂ©dent topic "La vraie science est une ignorance qui se sait." Montaigne Sur le mĂȘme sujet Discussions similaires GlycĂ©rol Par mimi269 dans le forum Chimie RĂ©ponses 6 Dernier message 26/04/2008, 09h52 RĂ©ponses 2 Dernier message 09/12/2006, 13h05 glycĂ©rol Par LTHOMAS dans le forum Chimie RĂ©ponses 2 Dernier message 27/05/2006, 14h37 GlycĂ©rol Par Draune dans le forum Chimie RĂ©ponses 7 Dernier message 01/11/2005, 20h34 GlycĂ©rol Par Butter-Scotch-Tape dans le forum Chimie RĂ©ponses 4 Dernier message 06/04/2005, 11h41 Fuseau horaire GMT +1. Il est actuellement 02h22. Les citations de Michel de Montaigne À chaque pied son soulier. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 La vraie science est une ignorance qui se sait. Michel de Montaigne ; Les pensĂ©es diverses 1580 Quand le faire et le dire vont ensemble, c'est une belle harmonie Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Il n'est pas de passion qui Ă©branle tant la sincĂ©ritĂ© des jugements comme la colĂšre. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Il n'est rĂ©plique si piquante que le mĂ©pris silencieux. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 La plus expresse marque de la sagesse, c'est une Ă©jouissance constante. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Le gain de notre Ă©tude, c'est en ĂȘtre devenu meilleur et plus sage. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 L'obstination et ardeur d'opinion est la plus sĂ»re preuve de bĂȘtise. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 La parole est moitiĂ© Ă  celui qui parle, moitiĂ© Ă  celui qui Ă©coute. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Il n'est rien qu'on doive tant recommander Ă  la jeunesse que l'activitĂ© et la vigilance. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Il n'est dĂ©sir plus naturel que le dĂ©sir de connaissance. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Il faut apprendre Ă  souffrir ce qu'on ne peut Ă©viter. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Qui craint de souffrir, il souffre dĂ©jĂ  de ce qu'il craint. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Il ne faut pas laisser au jugement de chacun la connaissance de son devoir. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 De toutes les vanitĂ©s, la plus vaine c'est l'homme. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 La vraie libertĂ©, c'est de pouvoir toute chose sur soi. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 L'amitiĂ© se nourrit de communication. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 L'Ă©loquence fait injure aux choses qui nous dĂ©tourne Ă  soi. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Le monde n'est que babil et ne vis jamais homme qui ne dise plutĂŽt plus que moins qu'il ne doit. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Le silence et la modestie sont qualitĂ©s trĂšs commodes Ă  la conversation. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Savoir par cƓur n'est pas savoir, c'est tenir ce qu'on a donnĂ© en garde Ă  sa mĂ©moire. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Toute autre science est dommageable Ă  celui qui n'a la science de la bontĂ©. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Toute Ăąme s'Ă©largit d'autant plus qu'elle se remplit. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Quiconque aura sa vie Ă  mĂ©pris se rendra toujours maĂźtre de celle d'autrui. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Rien de noble ne se fait sans hasard. Michel de Montaigne ; Les essais 1580 Cet article a Ă©tĂ© publiĂ© pour la premiĂšre fois dans le magazine National Geographic. Le bureau d’Eugenio Alliata Ă  JĂ©rusalem Ă©voque n’importe quelle officine d’archĂ©ologue qui prĂ©fĂšre le travail de terrain. Sur les Ă©tagĂšres surchargĂ©es, des relevĂ©s de fouilles cĂŽtoient des mĂštres rubans et d’autres outils. Rien de bien diffĂ©rent des bureaux de tous les archĂ©ologues que j’ai pu rencontrer au Moyen-Orient, Ă  deux dĂ©tails prĂšs Alliata porte l’habit couleur chocolat des franciscains, et son quartier gĂ©nĂ©ral se trouve dans le monastĂšre de la Flagellation. Selon la tradition de l’Église, le monastĂšre fut bĂąti Ă  l’endroit mĂȘme oĂč JĂ©sus-Christ, condamnĂ© Ă  mort, fut flagellĂ© par les soldats romains et couronnĂ© d’épines. La tradition» voilĂ  un mot que l’on entend beaucoup dans cette partie du monde. Ici, des multitudes de touristes et de pĂšlerins sont attirĂ©s par les dizaines de sites qui, tradition oblige, sont considĂ©rĂ©s comme des Ă©tapes de la vie du Christ, de son lieu de naissance, Ă  BethlĂ©em, Ă  celui de sa mort, Ă  JĂ©rusalem. Selon l’Évangile de Jean, JĂ©sus guĂ©rit un paralytique dans la piscine de Bethesda, Ă  JĂ©rusalem, un bassin Ă  cinq portiques rĂ©servĂ© aux bains rituels. Beaucoup de spĂ©cialistes doutaient de la rĂ©alitĂ© du lieu, jusqu’au jour oĂč des archĂ©ologues en ont dĂ©couvert des preuves Ă©videntes, dissimulĂ©es sous les ruines de ces Ă©glises vieilles de plusieurs devenue journaliste que je suis le sait des cultures entiĂšres sont nĂ©es et mortes presque sans laisser de traces. Aussi, fouiller d’antiques paysages en quĂȘte de tessons de poterie qui Ă©claireraient la vie d’un seul personnage semble aussi vain que la chasse aux fantĂŽmes. Au monastĂšre de la Flagellation, le frĂšre Alliata accueille chacune de mes visites et de mes questions avec patience et perplexitĂ©. Professeur d’archĂ©ologie chrĂ©tienne et directeur du Studium Biblicum Franciscanum, il participe Ă  un projet franciscain vieux de sept siĂšcles, consistant Ă  entretenir et Ă  protĂ©ger les anciens sites religieux de Terre sainte – et, depuis le 19e siĂšcle, Ă  en dresser des relevĂ©s scientifiques. Le frĂšre Alliata ne semble pas prĂ©occupĂ© par ce que l’archĂ©ologie peut, ou ne peut pas, rĂ©vĂ©ler sur la figure centrale du christianisme Il serait trĂšs Ă©tonnant, voire Ă©trange, de trouver des preuves archĂ©ologiques de l’existence de quelqu’un qui aurait vĂ©cu il y a 2000 ans. Cela dit, on ne peut pas nier que JĂ©sus a laissĂ© une trace dans l’histoire. » Une IndonĂ©sienne, qui vient d’ĂȘtre baptisĂ©e dans le Jourdain, porte une robe reprĂ©sentant JĂ©sus Ă  l’issue du mĂȘme rite, voilĂ  2 000 ans. La foi chrĂ©tienne, nĂ©e dans une petite communautĂ© juive, est devenue la religion la plus pratiquĂ©e du monde, avec plus de 2 milliards de DE Simon Norfolk, Avec L’aimable Autorisation De YARDENITLes textes du Nouveau Testament sont, de loin, les traces les plus Ă©videntes et sans doute les plus controversĂ©es de son passage sur terre. Mais quel rapport existe-t-il entre le travail des archĂ©ologues et ces textes anciens, rĂ©digĂ©s dans la seconde moitiĂ© du ier siĂšcle de notre Ăšre, ainsi qu’avec les traditions qu’ils ont nourries ? La tradition vivifie l’archĂ©ologie, et l’archĂ©ologie vivifie la tradition, rĂ©pond le frĂšre Alliata. Parfois, elles concordent et, parfois, non. » Et il ajoute dans un sourire Ce n’est pas le moins intĂ©ressant. » ThĂ©ophile III, patriarche grec orthodoxe de JĂ©rusalem et de toute la Palestine, porte un encolpion mĂ©daillon serti de pierres prĂ©cieuses tĂ©moignant de sa foi. Je me suis lancĂ©e sur les pas de JĂ©sus afin de retracer son histoire telle que la racontent les auteurs des Évangiles et des gĂ©nĂ©rations d’érudits. J’espĂšre comprendre en quoi les textes chrĂ©tiens et les traditions correspondent aux dĂ©couvertes des archĂ©ologues, depuis un siĂšcle et demi que ceux-ci passent la Terre sainte au peigne fin. Mais, avant tout, une question explosive est-il possible que JĂ©sus-Christ n’ait jamais existĂ© ? Quelques sceptiques dĂ©fendent cette opinion avec vĂ©hĂ©mence, mais pas les savants, notamment les archĂ©ologues. Je ne connais aucun chercheur important qui doute du personnage historique de JĂ©sus, affirme Eric Meyers, archĂ©ologue et professeur Ă©mĂ©rite Ă  l’universitĂ© Duke. On pinaille sur des dĂ©tails depuis des siĂšcles, mais nulle personne sĂ©rieuse ne met en doute son existence. » Les chrĂ©tiens palestiniens dĂ©filent dans les rues de BethlĂ©em Ă  NoĂ«l, cĂ©lĂ©brĂ© par diffĂ©rentes confessions Ă  diffĂ©rentes dates catholiques et protestants le fĂȘtent le 25 dĂ©cembre, les chrĂ©tiens orthodoxes le 7 janvier et les chrĂ©tiens ArmĂ©niens le 6 janvier ou en Terre Sainte le 18 son de cloche auprĂšs de Byron McCane, archĂ©ologue et professeur d’histoire Je ne vois aucun autre personnage dont on nie l’existence alors qu’elle est si parfaitement Ă©tablie par les faits. » MĂȘme John Dominic Crossan, un ex-prĂȘtre qui coprĂ©side le Jesus Seminar, un groupe de travail de spĂ©cialistes des Ă©tudes bibliques plutĂŽt controversĂ©, estime que les sceptiques purs et durs vont trop loin. Certes, les miracles attribuĂ©s au Christ sont difficiles Ă  apprĂ©hender pour nos esprits modernes. Ce n’est pas une raison pour conclure que la vie de JĂ©sus de Nazareth relĂšve de la fable. On peut toujours dire qu’il marchait sur l’eau et que, comme personne n’en est capable, c’est la preuve qu’il n’a pas existĂ©, me dit Crossan. Mais il s’agit d’autre chose. Qu’il ait accompli certaines choses en GalilĂ©e, et d’autres Ă  JĂ©rusalem, et qu’il ait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort pour ses actes, tout cela cadre parfaitement avec un certain scĂ©nario. » Les ruines de l’HĂ©rodion, l’une des forteresses Ă©levĂ©es par HĂ©rode le Grand sur une hauteur, tĂ©moignent du pouvoir Ă©crasant de l’Empire romain. Des chercheurs voient en JĂ©sus un rĂ©volutionnaire dont la vĂ©ritable mission Ă©tait de changer le rĂ©gime politique en place, et non de sauver les DE Simon Norfolk, PANORAMA COMPOSÉ DE 7 IMAGESLes chercheurs qui Ă©tudient la vie du Christ se divisent en deux Ă©coles il y a ceux pour qui le JĂ©sus des Évangiles, auteur de miracles, est le vĂ©ritable JĂ©sus, et il y a ceux pour qui le vĂ©ritable JĂ©sus c’est-Ă -dire l’homme qui a suscitĂ© le mythe est, certes, l’inspirateur des Évangiles, mais aussi un personnage dont la vĂ©ritĂ© apparaĂźtra grĂące aux recherches historiques et Ă  l’analyse des textes. Les deux camps considĂšrent l’archĂ©ologie comme leur qu’il soit ou ait Ă©tĂ© Dieu, un homme ou la plus grande supercherie littĂ©raire de tous les temps, la diversitĂ© et la dĂ©votion de ses disciples modernes Ă©clatent dans toute leur splendeur quand on arrive Ă  BethlĂ©em, l’antique citĂ© que l’on considĂšre comme son lieu de naissance. Sur la place Manger, je me joins Ă  un groupe de pĂšlerins du Nigeria que je suis jusqu’à l’entrĂ©e, plutĂŽt basse, de la basilique de la NativitĂ©, dont les hauts murs disparaissent sous des bĂąches et des Ă©chafaudages. La basilique est en cours de restauration. Des conservateurs nettoient les mosaĂŻques dorĂ©es du 12e siĂšcle de la suie des bougies qui ont brĂ»lĂ© ici depuis tout ce temps. Nous contournons avec prĂ©caution une partie du sol qui rĂ©vĂšle les plus anciens vestiges de l’église, construite dans les annĂ©es 330 sur ordre du premier empereur romain chrĂ©tien, Constantin. Cette synagogue des 2e - 5e siĂšcles, Ă  CapharnaĂŒm, a Ă©tĂ© en partie restaurĂ©e. Ses colonnes se dressent sur un Ă©difice plus ancien oĂč, Ă  en croire certains historiens, JĂ©sus se serait rendu. Non loin de lĂ , les archĂ©ologues ont dĂ©couvert une habitation vĂ©nĂ©rĂ©e par les premiers chrĂ©tiens. Il pourrait s’agir du domicile de l’apĂŽtre marches nous conduisent dans une grotte Ă©clairĂ©e Ă  l’électricitĂ©, devant une petite niche creusĂ©e dans le marbre. En ce lieu, une Ă©toile d’argent signale l’endroit mĂȘme oĂč, selon la tradition, est nĂ© JĂ©sus-Christ. Les pĂšlerins s’agenouillent pour baiser l’étoile et toucher de leur paume la pierre froide et polie. BientĂŽt, un responsable les presse d’avancer pour laisser la place Ă  de nouveaux arrivants. La basilique de la NativitĂ© est la plus vieille Ă©glise chrĂ©tienne encore en activitĂ©. Mais tout le monde ne s’accorde pas pour dire que JĂ©sus de Nazareth est nĂ© Ă  BethlĂ©em. Seuls deux Évangiles mentionnent sa naissance, et leurs rĂ©cits en sont fort diffĂ©rents. Des historiens soupçonnent les Ă©vangĂ©listes d’avoir fait naĂźtre JĂ©sus Ă  BethlĂ©em pour Ă©tablir un lien entre lui, paysan de GalilĂ©e, et une ville de JudĂ©e dont l’Ancien Testament annonçait qu’elle serait le berceau du Messie L’archĂ©ologie est fort peu loquace Ă  ce sujet. Quelle chance a-t-on de dĂ©terrer une quelconque preuve qu’un couple de paysans vivant il y a deux millĂ©naires aurait Ă©tĂ© l’acteur d’un tel Ă©vĂ©nement? Les fouilles dans la basilique et alentour n’ont rĂ©vĂ©lĂ© ni objet de l’époque, ni indice suggĂ©rant que le site Ă©tait sacrĂ© pour les premiers chrĂ©tiens. Le premier tĂ©moignage incontestable de vĂ©nĂ©ration remonte au 3e siĂšcle. OrigĂšne, un thĂ©ologien d’Alexandrie, observa À BethlĂ©em, on peut voir la grotte oĂč [JĂ©sus] est nĂ©. » Au dĂ©but du 4e siĂšcle, l’empereur Constantin envoya une dĂ©lĂ©gation en Terre sainte afin d’identifier les lieux associĂ©s Ă  la vie du Christ et de les sanctifier par la construction d’églises et de sanctuaires. Ayant localisĂ© ce qu’ils considĂ©raient ĂȘtre la grotte de la NativitĂ©, les dĂ©lĂ©guĂ©s y firent bĂątir une Ă©glise, ancĂȘtre de celle d’aujourd’hui. "Suivez-moi, et je vous ferai pĂȘcheurs d'hommes", a dĂ©clarĂ© JĂ©sus Ă  ses premiers disciples, des pĂȘcheurs dont la vie Ă©tait centrĂ©e sur la mer de GalilĂ©e. Ici, selon les Évangiles, JĂ©sus a miraculeusement calmĂ© une tempĂȘte, a marchĂ© sur l'eau et l'a bĂ©ni ses disciples avec des cargaisons de des chercheurs auxquels je me suis adressĂ©e ne se prononcent pas sur le lieu de naissance du Christ, faute de preuves matĂ©rielles. Selon eux, le vieil adage de l’archĂ©ologie est plus que jamais d’actualitĂ© L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. » La piste pour retrouver le vĂ©ritable JĂ©sus est bien plus fructueuse Ă  105 km de lĂ , en GalilĂ©e, rĂ©gion vallon nĂ©e du nord d’IsraĂ«l. JĂ©sus fut Ă©levĂ© Ă  Nazareth, une bourgade agricole. Les historiens qui voient en lui seulement un homme que ce soit un rĂ©formateur religieux, un rĂ©volutionnaire social, un prophĂšte de l’Apocalypse, voire un Juif fanatique tentent, en juxtaposant les donnĂ©es Ă©conomiques, politiques et sociales de la GalilĂ©e du 1er siĂšcle, de mieux comprendre quelles forces furent le terreau de cet homme et de sa mission. À cette Ă©poque, l’Empire romain est, de loin, l’acteur principal de la vie en GalilĂ©e. Les Romains avaient conquis la Palestine soixante ans avant la naissance de JĂ©sus, et presque tous les Juifs devaient subir le joug de Rome, symbolisĂ© par la lourdeur des taxes et l’adoration des idoles paĂŻennes. Selon beaucoup de chercheurs, les troubles sociaux profitĂšrent Ă  l’agitateur juif, qui se fit connaĂźtre en dĂ©nonçant riches et puissants, et prenant le parti des pauvres et des laissĂ©s-pour-compte. Mis au jour dans ce qui fut une synagogue de Magdala, la ville de Marie Madeleine, ce bloc sculptĂ© fi gurerait le Temple de JĂ©rusalem. PhotographiĂ© ici dans les rĂ©serves de l’AutoritĂ© des antiquitĂ©s d’IsraĂ«l, il pourrait avoir servi de table de lecture de la TorahD’autres avancent que l’influence de la culture grĂ©co-romaine a façonnĂ© un JĂ©sus moins juif et plus cosmopolite, hĂ©raut de la justice sociale. En 1991, un ouvrage fit sensation The Historical Jesus, de John Dominic Crossan. Sa thĂ©orie le vĂ©ritable JĂ©sus Ă©tait une sorte de sage itinĂ©rant, dont les paroles subversives et le style de vie, Ă  contre-courant des mƓurs de son Ă©poque, rĂ©sonnaient Ă©trangement avec la façon de vivre des cyniques. Ces derniers, d’une Ă©cole philosophique de la GrĂšce antique, n’étaient pas cyniques au sens moderne du mot, mais ne respectaient aucune convention sociale, comme le souci de rester propre, ou la quĂȘte de la richesse et du pouvoir. Crossan se fondait, d’une part, sur les dĂ©couvertes archĂ©ologiques rĂ©vĂ©lant que la GalilĂ©e, longtemps dĂ©crite comme une campagne reculĂ©e et une enclave juive isolĂ©e, Ă©tait bien plus urbanisĂ©e et romanisĂ©e Ă  l’époque de JĂ©sus que les spĂ©cialistes ne le croyaient, et, d’autre part, sur le fait que le domicile de JĂ©sus enfant se trouvait Ă  5 km de Sepphoris, la capitale romaine de la province. Les Évangiles ne mentionnent pas la ville, mais l’ambitieux programme de construction lancĂ© par le tĂ©trarque HĂ©rode Antipas aurait pu attirer des artisans qualifiĂ©s des villages alentour. Pour beaucoup, on peut tout Ă  fait penser que JĂ©sus, jeune artisan vivant prĂšs de Sepphoris, aurait pu y travailler, mettant la tradition religieuse qui Ă©tait la sienne Ă  l’épreuve de la vie. À la PĂąque juive, des Samaritains se rendent sur le mont Garizim qui, selon eux, abrite le vĂ©ritable site du temple de Dieu et non JĂ©rusalem. À l’époque de JĂ©sus, les Juifs considĂ©raient les Samaritains comme impies. JĂ©sus illustre pourtant l’amour du prochain dans la parabole du bon Samaritain ».Par une belle journĂ©e de printemps, je retrouve les archĂ©ologues Eric et Carol Meyers dans les ruines de Sepphoris. Le couple fouille l’immense site depuis trente-trois ans. Celui-ci est dĂ©sormais au cƓur d’un dĂ©bat passionnĂ© et thĂ©orique sur la judaĂŻtĂ© de la GalilĂ©e et, par extension, de JĂ©sus. Eric Meyers s’arrĂȘte devant un tas de colonnes. Ça a Ă©tĂ© drĂŽlement houleux », dit-il au souvenir des dĂ©bats pour savoir dans quelle mesure une ville hellĂ©nisĂ©e avait pu influencer un jeune paysan juif. Au faĂźte de la colline, il dĂ©signe des murs dĂ©gagĂ©s avec soin. Pour parvenir Ă  ces maisons, nous avons dĂ» creuser Ă  l’emplacement d’un bivouac de la guerre de 1948, avec notamment un obus syrien non explosĂ©. Et, sous la terre, nous sommes tombĂ©s sur les mikvaot ! » Au moins trente de ces bains juifs rituels parsĂšment le quartier rĂ©sidentiel de Sepphoris –soit la plus grande concentration de lieux privĂ©s jamais mise au jour par les archĂ©ologues. Outre de la vaisselle en pierre pour les rituels et l’absence d’os de porc interdit de consommation par la loi juive, elles prouvent que cette citĂ© d’une province de la Rome impĂ©riale Ă©tait demeurĂ©e juive au temps de l’adolescence de JĂ©sus. Ces dĂ©couvertes et d’autres indices issus de fouilles dans toute la GalilĂ©e ont conduit les chercheurs Ă  rĂ©viser leur opinion, m’explique Craig Evans, spĂ©cialiste des origines du christianisme GrĂące Ă  l’archĂ©ologie, on est passĂ© de JĂ©sus l’hellĂ©nisant cosmopolite Ă  JĂ©sus le Juif pratiquant –un changement considĂ©rable. » La chapelle copte de l’église du Saint SĂ©pulcre s’orne de scĂšnes de la vie du Christ. Plusieurs religions chrĂ©tiennes partagent le sanctuaire, non sans mĂ©fiance, chacune rĂ©clamant une partie de l’espace. Les clefs de l’église ont Ă©tĂ© confiĂ©es Ă  une famille musulmane de la 30 ans, JĂ©sus s’immergea dans le Jourdain avec Jean le Baptiste, l’agitateur et prophĂšte juif. Sa vie en fut bouleversĂ©e car, une fois baptisĂ©, Ă  en croire le Nouveau Testament, il vit l’Esprit de Dieu descendre sur lui comme une colombe», et la voix de Dieu se fit entendre Celui-ci est mon Fils bien-aimĂ©, en qui j’ai mis tout mon amour.» Cette rencontre avec le Seigneur marqua le dĂ©but de sa vie de prĂȘcheur et de guĂ©risseur. CapharnaĂŒm fut l’une de ses premiĂšres Ă©tapes. Cette ville de pĂȘcheurs se situe sur la rive nordouest du lac de TibĂ©riade. C’est lĂ  que JĂ©sus rencontra ses disciples initiaux et qu’il Ă©tablit son premier quartier gĂ©nĂ©ral ». De nos jours, les organisateurs d’excursions en Terre sainte dĂ©signent le lieu de pĂšlerinage qu’est devenu CapharnaĂŒm comme la ville de JĂ©sus ». Une haute barriĂšre mĂ©tallique entoure les lieux, propriĂ©tĂ© des franciscains. DerriĂšre se trouve une Ă©glise moderne, soutenue par huit piliers le MĂ©morial de Saint-Pierre, consacrĂ© en 1990 en l’honneur d’une des plus importantes dĂ©couvertes rĂ©alisĂ©es au 20e siĂšcle par les archĂ©ologues travaillant sur le JĂ©sus historique. JĂ©sus pria dans le jardin de GethsĂ©mani mot sans doute ­aramĂ©en signifiant pressoir Ă  huile » quelques heures avant son arrestation, selon les Évangiles. De nos jours, nombreux sont les pĂšlerins Ă  visiter cette oliveraie, situĂ©e Ă  l’extĂ©rieur de JĂ©rusalem, oĂč JĂ©sus connut la plus sombre nuit de son centre de l’édifice attire tous les regards. Au-delĂ  d’un garde-fou, Ă  travers un sol vitrĂ©, les visiteurs peuvent apercevoir les ruines d’une Ă©glise octogonale, bĂątie il y a 1 500 ans. Quand les archĂ©ologues franciscains ont fouillĂ© sous cette structure, en 1968, ils se sont rendu compte qu’elle avait Ă©tĂ© bĂątie sur les ruines d’une maison datant du ier siĂšcle. C’était la preuve que, en un court laps de temps, ce domicile privĂ© avait Ă©tĂ© transformĂ© en un lieu de rĂ©union public. Puis, vers la seconde moitiĂ© du 1er siĂšcle, quelques dĂ©cennies aprĂšs la crucifixion de JĂ©sus, les murs de pierre brute de ce domicile furent enduits de plĂątre, et tous les ustensiles de cuisine remplacĂ©s par des lampes Ă  huile – objets caractĂ©ristiques d’une communautĂ© prenant ses quartiers. Enfin, au 4e siĂšcle, Ă  l’époque oĂč le christianisme devint la religion officielle de l’Empire romain, la demeure fut transformĂ©e en une maison de culte soigneusement dĂ©corĂ©e. Depuis, elle est connue comme la maison de Pierre ». Il est impossible d’établir si le disciple y vĂ©cut effectivement, mais beaucoup de spĂ©cialistes estiment que ce n’est pas impossible. Il est dit dans les Évangiles que JĂ©sus guĂ©rit de la fiĂšvre la belle-mĂšre de Pierre, chez elle, Ă  CapharnaĂŒm. La nouvelle se rĂ©pandit aussitĂŽt et, le soir, une foule de malades se pressait devant sa porte. JĂ©sus guĂ©rit les malades et dĂ©livra ceux qui Ă©taient possĂ©dĂ©s par des dĂ©mons. L’os du talon d’un crucifiĂ© photo a Ă©tĂ© retrouvĂ© dans une tombe. Cela confirme que les crucifiĂ©s pouvaient ĂȘtre inhumĂ©s et que JĂ©sus aurait pu l’ĂȘtre. Les Romains crucifiaient de plusieurs rĂ©cits mettant en scĂšne des foules venant chercher la guĂ©rison auprĂšs de JĂ©sus confortent ce que l’archĂ©ologie nous dit de la Palestine du ier siĂšcle, une rĂ©gion oĂč des maladies telles que la lĂšpre ou la tuberculose Ă©taient monnaie courante. Je prends la direction du Sud, longeant le lac de TibĂ©riade, jusqu’à un kibboutz ferme communautaire qui, en 1986, fut le théùtre d’un Ă©vĂ©nement sensationnel. Le niveau du lac avait considĂ©rablement baissĂ© Ă  cause d’une grave sĂ©cheresse. Deux frĂšres du kibboutz ont remarquĂ© une forme qui ressemblait aux contours d’un bateau. Les archĂ©ologues qui l’ont examinĂ©e ont trouvĂ© des objets datant de l’époque romaine dans et prĂšs de la coque. Plus tard, le test au carbone 14 a confirmĂ© l’ñge du bateau il Ă©tait plus ou moins contemporain de JĂ©sus. Un ossuaire ornĂ©, ou boĂźte Ă  os, dĂ©couvert dans une tombe de JĂ©rusalem porte le nom de CaĂŻphe, une figure tristement cĂ©lĂšbre dans les rĂ©cits des Évangiles sur le procĂšs et l’exĂ©cution de JĂ©sus. S'il s'agit de CaĂŻphe, la dĂ©couverte confirmerait que les personnes qui jouaient un rĂŽle dans les histoires du Nouveau Testament Ă©taient rĂ©elles et non fictives », note l'archĂ©ologue Eric DE Simon Norfolk, Photo PRISE AU MUSÉE ISRAEL, À JERUSALEMPuis, il s’est mis Ă  pleuvoir. Le niveau du lac a remontĂ©. L’opĂ©ration de sauvetage du bateau qui s’est dĂ©roulĂ©e alors constitue un exploit archĂ©ologique. Un chantier qui, en temps normal, aurait durĂ© des mois pour ĂȘtre planifiĂ© et exĂ©cutĂ©, a pris exactement onze jours. Aujourd’hui, le prĂ©cieux bateau est le joyau du musĂ©e du kibboutz situĂ© non loin de l’endroit oĂč il a Ă©tĂ© dĂ©couvert. Large d’environ 2 m pour 8 m de long, il aurait pu embarquer treize hommes bien que rien n’indique que JĂ©sus et ses douze apĂŽtres l’aient utilisĂ©. Il ne paie pas de mine un squelette de planches qui eurent leur compte de rĂ©parations, jusqu’à ce que plus rien ou presque ne subsiste de l’original. Il a dĂ» ĂȘtre entretenu et rĂ©parĂ© jusqu’à ce que cela ne serve plus Ă  rien», constate John Dominic Crossan. Mais, aux yeux des historiens, ce bateau n’a pas de prix, souligne-t-il Quand je considĂšre les efforts qu’il a fallu dĂ©ployer pour le maintenir Ă  flot, j’en apprends beaucoup sur le niveau de vie des pĂȘcheurs galilĂ©ens Ă  l’époque de JĂ©sus. » Des foules de pĂšlerins originaires de divers pays convergent vers JĂ©rusalem Ă  PĂąques - un mĂ©lange potentiellement instable et une cible tentante pour les terroristes. Pour assurer la sĂ©curitĂ© et maintenir la paix, les forces de sĂ©curitĂ© israĂ©liennes se dĂ©ploient dans toute la ville, y compris le long de la cĂ©lĂšbre Via autre dĂ©couverte extraordinaire a eu lieu Ă  2 km au sud de l’endroit oĂč a Ă©tĂ© trouvĂ© le bateau, sur le site de l’ancienne Magdala, ville natale de Marie Madeleine, disciple de JĂ©sus. Les archĂ©ologues franciscains avaient commencĂ© Ă  mettre au jour une partie de la ville dans les annĂ©es 1970, mais la moitiĂ© nord restait enfouie. Puis, en 2004, le pĂšre Juan Solana, initialement envoyĂ© par le Vatican pour surveiller le fonctionnement d’un hĂŽtel pour pĂšlerins de JĂ©rusalem, a dĂ©cidĂ© de bĂątir une retraite pour les pĂšlerins de GalilĂ©e. Il a rĂ©coltĂ© de l’argent et achetĂ© des terrains sur les rivages du lac, dont des parcelles non encore fouillĂ©es de Magdala En 2009, avant que ne dĂ©butent les travaux, une mission d’archĂ©ologie prĂ©ventive est venue sur place, comme le veut la loi. Les sondages du sous-sol rocheux ont alors rĂ©vĂ©lĂ© les ruines enfouies d’une synagogue de l’époque de JĂ©sus –la premiĂšre du genre mise au jour en GalilĂ©e. La dĂ©couverte Ă©tait de premiĂšre importance, car elle rĂ©duisait Ă  nĂ©ant l’argument des sceptiques selon lequel les premiĂšres synagogues de GalilĂ©e apparurent plusieurs dĂ©cennies aprĂšs la mort de JĂ©sus –une thĂ©orie incompatible avec le portrait que les Évangiles dressent de lui, celui d’un Juif pratiquant qui prĂȘchait souvent et accomplissait ses miracles dans les synagogues. Les pĂšlerins orthodoxes Ă©thiopiens cĂ©lĂšbrent PĂąques au sommet de l'Ă©glise du Saint-SĂ©pulcre. Dans une longue dispute qui les oppose aux coptes Ă©gyptiens, les moines Ă©thiopiens occupent un monastĂšre sur le toit depuis plus de 200 ans pour faire valoir leur prĂ©tention Ă  une partie de l' DE Alessio RomenziLes fouilles ont livrĂ© des murs bordĂ©s de bancs preuve qu’il s’agissait d’une synagogue et un sol en mosaĂŻque. Au centre de la piĂšce reposait une pierre de la taille d’une cantine militaire, sculptĂ©e des principaux symboles sacrĂ©s du Temple de JĂ©rusalem. La dĂ©couverte de la pierre de Magdala, comme on l’appelle dĂ©sormais, a portĂ© un coup fatal Ă  la thĂ©orie naguĂšre trĂšs rĂ©pandue selon laquelle les GalilĂ©ens n’étaient que des rustauds impies, bien Ă©loignĂ©s du foyer spirituel d’IsraĂ«l. La poursuite des fouilles a permis de dĂ©couvrir toute une ville enfouie Ă  moins de 30 cm sous la surface. Les ruines Ă©taient si bien prĂ©servĂ©es que certains n’hĂ©sitĂšrent pas Ă  surnommer Magdala la PompĂ©i d’IsraĂ«l ». L’archĂ©ologue Dina Avshalom-Gorni me fait visiter le site. Elle me montre les vestiges de resserres, de bains rituels et d’un atelier oĂč, peutĂȘtre, on prĂ©parait et vendait le poisson. Je peux tout Ă  fait m’imaginer des femmes en train d’acheter du poisson dans le marchĂ© qui se trouve juste ici », me dit-elle en indiquant de la tĂȘte les fondations d’étals en pierre. Le pĂšre Solana nous rejoint. Je lui demande ce qu’il dit aux visiteurs voulant savoir s’il est arrivĂ© Ă  JĂ©sus de parcourir ces rues. On ne saurait rĂ©pondre Ă  cette question, admet-il, mais on doit garder Ă  l’esprit le nombre de fois oĂč les Évangiles mentionnent sa prĂ©sence dans une synagogue de GalilĂ©e. » Puis, tenant compte du fait que la synagogue de Magdala Ă©tait frĂ©quentĂ©e Ă  l’époque du ministĂšre de JĂ©sus et ne se trouvait qu’à quelques encablures de CapharnaĂŒm, Solana conclut Nous n’avons aucune raison de nier ou de douter que JĂ©sus ait frĂ©quentĂ© ce lieu. » À chaque Ă©tape de mon pĂ©riple en GalilĂ©e, les traces de pas tĂ©nues laissĂ©es par JĂ©sus semblent mieux se dessiner. Lors de mon retour Ă  JĂ©rusalem, elles prennent encore davantage de densitĂ©. Le Nouveau Testament dit que la citĂ© antique est le théùtre de bon nombre de miracles et d’épisodes parmi les plus spectaculaires. Si les rĂ©cits des quatre Évangiles divergent quant Ă  la naissance de JĂ©sus, ils sont bien plus proches au sujet de sa mort. AprĂšs ĂȘtre venu Ă  JĂ©rusalem pour assister Ă  la PĂąque, JĂ©sus est conduit devant le grand prĂȘtre CaĂŻphe, qui l’accuse de blasphĂšme et de menaces contre le Temple. CondamnĂ© Ă  mort par le procurateur romain Ponce Pilate, JĂ©sus est crucifiĂ© et enterrĂ© non loin de lĂ , dans un tombeau creusĂ© dans le roc. L’emplacement traditionnel de ce tombeau, dans ce qui est devenu l’église du Saint-SĂ©pulcre, est considĂ©rĂ© comme le lieu le plus sacrĂ© du christianisme. En 2016, je me suis rendue Ă  plusieurs reprises dans l’église pour me documenter sur la restauration historique de l’Édicule, le sanctuaire qui hĂ©berge le tombeau rĂ©putĂ© ĂȘtre celui de JĂ©sus. Aujourd’hui, pendant la semaine de PĂąques, je suis de retour. Debout, avec les pĂšlerins en vacances qui attendent leur tour pour pĂ©nĂ©trer ans le minuscule sanctuaire, je me souviens des nuits passĂ©es dans l’église vide au cĂŽtĂ© de l’équipe de scientifiques chargĂ©e de sa restauration. Je suis Ă©merveillĂ©e du nombre de dĂ©couvertes archĂ©ologiques faites Ă  JĂ©rusalem et ailleurs au cours des ans et qui rendent crĂ©dibles les Écritures. À quelques mĂštres seulement du tombeau du Christ, on trouve d’autres sĂ©pultures de la mĂȘme pĂ©riode creusĂ©es dans la roche. Cela prouve que cette Ă©glise, dĂ©truite et reconstruite deux fois, avait Ă©tĂ© bĂątie sur un cimetiĂšre juif. Je me souviens avoir Ă©tĂ© seule dans le tombeau aprĂšs que la dalle de marbre avait Ă©tĂ© momentanĂ© - ment retirĂ©e. J’étais submergĂ©e par l’émotion en contemplant l’un des plus impor - tants monuments de l’histoire humaine –une simple banquette de calcaire que les gens rĂ©vĂšrent depuis des millĂ©naires, une chose qui n’avait peut-ĂȘtre pas Ă©tĂ© vue depuis un millier d’annĂ©es. Un pĂšlerin s’incline sur la Pierre de l’onction, dans l’église du SaintSĂ©pulcre. C’est sur cette pierre qu’aurait Ă©tĂ© lavĂ© et prĂ©parĂ© le corps du Christ avant l’ lors de ma visite de PĂąques, me revoici Ă  l’intĂ©rieur du tombeau, pressĂ©e contre trois femmes russes. La dalle de marbre a Ă©tĂ© remise en place, protection indispensable du lit funĂ©raire contre tous les rosaires et cartes de priĂšre inlassablement dĂ©posĂ©s, sinon frottĂ©s, sur cette surface. La plus jeune des femmes implore JĂ©sus de guĂ©rir son fils Evgueni, atteint d’une leucĂ©mie. À l’extĂ©rieur, devant l’entrĂ©e, un prĂȘtre rappelle d’une voix forte que le temps accordĂ© pour notre visite est Ă©coulĂ©, d’autres pĂšlerins attendant leur tour. À regret, les trois femmes se relĂšvent et quittent les lieux, une Ă  une. Je les suis. Je me rends compte que, pour les croyants sincĂšres, les Ă©tudes entreprises par les chercheurs sur le JĂ©sus historique, le JĂ©sus terrestre, pure - ment humain, sont de peu d’effet. Cette quĂȘte produira d’innombrables thĂ©ories contradic - toires, des questions sans rĂ©ponse, des faits inconciliables. Mais, pour les vĂ©ritables croyants, la foi dans la vie, la mort et la rĂ©surrection du Fils de Dieu est amplement suffisante. Kristin Romey couvre les sujets civilisations et dĂ©couvertes archĂ©ologique pour le magazine et le site National Geographic. BasĂ© Ă  Londre, le photographe Simon Norfolk s'est spĂ©cialisĂ© dans la photographie d'architecture et de paysages.

la vraie science est une ignorance qui se sait